Rencontres impromptues
Petit manque d'inspiration ces derniers jours ... Puis en lisant la Page de Rita j'ai eu quelques idées. Pour ceux qui ne le sauraient pas, pendant que je suis à Vienne, mon amie de toujours Rita est à Leeds, en Angleterre. Et bien que nous soyons très loin l'une de l'autre, nous avons des expériences très proches. Oui, moi aussi je rencontre des gens étranges qui font irruption dans ma chambre.
Déjà, il y a les femmes de ménage. Quand mes parents ont appris que des femmes de ménage venaient dans ma chambre une fois par semaine, ils étaient ravis et me faisaient remarquer que j'étais vraiment très chanceuse d'avoir trouvé cette résidence (et ils sont aussi ravis que je la paie avec mes propres moyens). A vrai dire, je crois que je préférerais faire le ménage moi-même. Pour plusieurs raisons. D'abord, parce que les femmes de ménage, elles viennent le MATIN. Et ça, ça me pose sérieusement problème. Moi, j'aime dormir, et j'ai réussi à me faire un emploi du temps de loir, en commençant les cours au plus tôt à midi. Et puis même quand je me lève, il se passe un certain laps de temps durant lequel je traîne mes pieds en pyjama.
Ensuite, parce que les femmes de ménage ici sont plutôt envahissantes. Ben oui, pourquoi venir seule nettoyer une petite chambre quand on peut venir à douze ?
Depuis que j'ai découvert ça, je m'arrange pour être sortie tous les vendredis matins. J'organise une matinée shopping avec Natassa, ou je vais faire semblant d'étudier à la fac, ou je pars en week end dans un quelconque pays d'Europe centrale.
Mais les femmes de ménage aiment me surprendre. Et parfois elles viennent le jeudi, quand je ne m'y attends pas. Et me voilà assise en nuisette devant mon ordinateur à faire semblant d'être très concentrée sur quelque chose pendant que 3 femmes de ménage s'activent autour de moi et amassent la poussière autour de mes chaussettes et soutien-gorge qui gisent sur le sol de ma chambre parce que la veille je suis rentrée trop tard/trop fatiguée pour me déshabiller de façon ordonnée.
Au cas où, j'ai décidé de me lever tôt ou de quitter ma chambre le jeudi aussi, par précaution. Comme ça je serai toujours tranquille, pensais-je.
Que je suis naïve ! L'autre jour, je ne sais plus quel jour mais ce n'était ni jeudi ni vendredi, j'étais tranquillement chez moi, en nuisette naturellement, quand on toque à la porte de mon appartement, puis entre. AAAARGH c'est quoi ça encore ? Je ferme vite le verrou de ma chambre et enfile aussi vite que possible un pantalon et un pull, hurlant "Ja ja eine Minute Bitte!" aux deux hommes dans ma cuisine essayant d'ouvrir la porte de ma chambre. Quand je suis à peu près présentable je les laisse entrer, et avec des machines étranges ils inspectent mon détecteur de fumée, ignorant le désordre ambiant (lit grand ouvert, sous vêtements pêle-mêle sur le fauteuil) puis repartent en me souhaitant de passer une bonne journée.
J'aime bien ma résidence, mais apparemment la vie privée y est optionnelle. Aurait-ce été si compliqué de mettre un mot dans la boîte aux lettres ou sur le tableau d'affichage à l'entrée, disant "deux hommes vont débarquer dans vos chambres demain matin, essayez d'être habillés quand ils arrivent."
Donc les étudiants n'ont pas droit à l'intimité, c'est le constat que j'ai fait en arrivant à Vienne. Quand ce n'est pas l'irruption inattendue de divers techniciens dans les chambres, ce sont les potins qui viennent affecter la vie privée. Car oui, en erasmus, ça commère, et pas qu'un peu. La boulangère de Waldolwisheim pourrait faire un stage ici, elle serait encore plus efficace. On sait tous qui a embrassé qui en cachette durant telle soirée, mais personne n'est au courant alors il ne faut pas le répéter, on sait aussi qui n'est pas rentré chez lui/elle ce soir là, et on s'est tous bidonné pendant un quart d'heure quand on a appris que ce cher C. a rencontré les parents de N. (MOUAHAHAHAHA). Mais les potins dépassent parfois la réalité.
Comme l'autre jour, où mon amie Natassa faisait connaissance avec sa voisine de palier. Echange de politesses, discussions diverses, puis Natassa demande à sa voisine si elle ne la gêne pas avec la musique et lui recommande de toquer si jamais elle trouve la musique trop forte ou Natassa trop bruyante. Là dessus, la voisine répond "oh no, don't worry, you're very quiet, even when your girlfriend is coming over."
Ah bon ? Je sais que je viens - trop ? - souvent à Pfeilgasse et je ris très fort aux élucubrations de Natassa, mais je ne crois pas pousser des cris laissant croire que nous sommes en plein ébats amoureux !
Bande Son : The Dresden Dolls / Temps : tellement sombre que j'ai l'impression que mon volet est fermé / Humeur : pas envie d'étudier !